Des Frenchies aux USA

Naissance d’un blog, debut d’une aventure

Nous y voilà… Le projet est devenu réalité. Nous sommes prêts pour notre américanisation.

Et j’avais bien envie de raconter un peu comment tout ça se passe. Les démarches, les nouveautés, les trucs qui nous amusent/choquent/consternent/épatent à propos de notre pays d’accueil.

Donc, ici, c’est MON blog. J’y mets ce que JE veux, na. Ca veut dire qu’il y aura de nos nouvelles, mais aussi des articles sur tout ce qui me passe par la tête et que j’ai envie de partager.

J’ai longtemps hésité entre un blog à accès limité à la famille et aux amis, ou je pourrais sans crainte mettre des photos, ou un blog de renommée au minimum internationale… J’ai choisi pour l’instant l’option numéro 2. Donc, pour le moment, il n’y aura pas nos noms, ni nos photos, de façon à préserver un minimum d’anonymat.

Peut-être qu’à terme, je ne connaitrai pas tout mon lectorat. Mais n’aies pas peur, tu es ici chez toi si tu t’y sens bien. D’ailleurs, si ça ne te gêne pas, on va se tutoyer. Comme les américains.

 

Legal aliens… Comme dans la chanson de Sting, Englishman in New York (si, si, chante avec moi ‘Woho I’m an alien, I’m a legal alien, I’m an Englishman in New York’. Ah, tu vois que tu te souviens!).

 

 Legal aliens aussi parce que c’est ce que nous sommes, selon le formulaire de la sécurité sociale locale : « Legal aliens allowed to work ». Voilà qui est clair.

 

24 septembre, 2012 à 20:47 | Commentaires (13) | Permalien


Un jour, tes enfants ont de la répartie…

Votre humble serviteur, se vautrant classieusement sur une chaise à son retour de l’école après une journée épuisante, non sans un râle élégant et distingué : « Ahhhh!!! S’assoir ! Je crois que je ne me suis pas assise de la journée tellement je n’ai pas eu une seconde. »

Grandounette, 15 ans bientôt, non sans une pointe d’ironie : « Ben, t’étais pas juste dans ta voiture, là? » 

C’est pas faux…

17 mars, 2018 à 12:09 | Commentaires (0) | Permalien


Inflation

Chaque année, vers le mois de mars, nous avons une réunion pour discuter du budget de l’école.
C’est le moment où on nous révèle de combien on sera augmenté l’année prochaine, c’est donc une réunion à laquelle tout le monde assiste plutôt de bon coeur.

En rangeant mes papiers, je viens de retrouver la grille de salaire d’il y a 2 ans, quand j’ai été embauchée, et de réaliser que si j’étais embauchée aujourd’hui à mon échelon d’il y a 2 ans, je serais payée… 5000 dollars de plus par an ! Juste pour faire face à l’augmentation du coût de la vie dans la Silicium Vallée !

17 mars, 2018 à 12:03 | Commentaires (0) | Permalien


Bowling for Columbine

Je n’ai pas Bluebirder et pas un seul instant l’intention de m’y inscrire vu que : 
1) j’ai un ex lourdingue et collant qui me retrouve systématiquement en quelques heures dès que je m’inscris quelque part (oui, après toutes ces années. Oui, c’est soulant !), je limite donc le plus possible mon usage des réseaux sociaux.
2) je ne suis pas assez synthétique pour être drôle en 2 phrases (déjà qu’en 8 paragraphes c’est pas toujours gagné non plus).

Ce message est donc une réponse indirecte à Msieurleprof, que je prends plaisir à suivre et qui a posté voici quelques jours :
« En France, depuis les attentats, on fait des exercices de confinement [...]. C’est flippant, mais on se dit qu’il y a très peu de chance pour que ça nous tombe dessus. Aux USA, vu la cadence à laquelle ces tragédies se produisent, les profs doivent constamment se poser la question de la sécurité de leurs élèves et de la leur. »

S’il passait par là, et pour toi lecteur fidèle, si dès fois ça t’intéresse, donc : 
Je ne peux pas parler pour les autres.
Mais je peux confirmer qu’il y a toujours une part de mon cerveau qui regarde où est ma classe dans l’école pour me rassurer que si un tueur armé jusqu’aux dents venait à pénétrer dans le bâtiment, il ne commencerait pas par nous et ça nous laisserait du temps pour se barricader dans la c
lasse. Vu que même mes élèves ont du mal à trouver ma salle, je suis assez confiante qu’on est plutôt à l’abri.
Je n’ai pas l’impression d’être super au point sur quoi faire en cas de tremblement de terre, qui est quand même un danger plus réaliste dans cette zone géographique qu’un fou furieux venus nous dézinguer, mais je sais parfaitement comment nous confiner dans la classe sans jamais avoir pratiqué : fermer la porte à clé, pousser l’armoire devant l’ouverture vitrée de la porte pour cacher la vue dans la salle de classe, pousser le maximum de tables devant l’armoire pour bloquer l’accès à la classe, fermer les stores et les fenêtres, se cacher avec les élèves dans le coin de mon bureau, opposé à la porte et au mur de la cuisine et espérer que le tueur renonce car s’il venait à se frayer un passage ce serait une boucherie vu qu’il n’y a pas moyen de sortir de la salle autrement que par la porte.
Je lis religieusement plusieurs fois par an notre procédure de sécurité qui inclus un paragraphe de 2 pages sur l’éventualité d’un tueur dans l’école. D’ailleurs, le fait que l’élève responsable de la tuerie en Floride ait déclenché l’alarme à incendie pour faire sortir les élèves des classes me laisse à craindre que ces procédures ne soient désormais connues de trop de monde pour être sûres.
L’année dernière, j’ai dénoncé au doyen un gamin pourtant adorable qui attendait que le cours commence en regardant des armes sur Internet. Il s’est avéré qu’il est passionné de airsoft. Mais vu le contexte ambiant, je ne me voyais ni fermer les yeux et ne plus y penser, ni en parler directement à mon élève.
Tout ça pour dire que, définitivement, ça occupe très souvent mes pensées. Je ne crois pas que j’aurais eu ce genre d’inquiétude en France.

J’ai aussi ce genre de pensées à chaque début d’année en allant voir les listes des classes pour Choupette : je regarde le nom de son instit, ses copines… et je vérifie mentalement que la salle de classe n’est pas à une extrémité du bâtiment.
Ça me rassure un peu, même si c’est à la fois très égoïste et très naïf. Il n’y a tellement pas de sécurité dans les écoles américaines que la disposition de la salle de classe semble être la seule chose qui puisse sauver la vie de ma fille, en cas de tragédie. Et ça me rend triste d’avoir ne serait-ce qu’à y penser.

Ce qui me rend encore plus triste, c’est de craindre comme beaucoup que si rien n’a été fait après la tuerie de Sandy Hook, avec les démocrates au pouvoir, alors rien ne changera jamais.

Et pourtant, voilà que les lycéens de Floride se mobilisent.
Alors je reprends espoir, malgré Trump au pouvoir. Et si ? Et si, eux, ils y arrivaient, avec la fougue de leur jeunesse?

Ne serait-ce pas fantastique de pouvoir simplement trouver pénible dorénavant que ma salle de classe soit introuvable, au lieu de trouver ça rassurant? Et de pouvoir mettre mes filles à l’école sans me préoccuper de qui peut avoir accès aux bâtiments? Comme en France, quoi…

 
Update : Bon, en fait, naïve un jour, naïve toujours.
Il semblerait que les réponses apportées soient toujours les mêmes, des promesses vaines de changer la législation pour limiter l’accès aux armes qui tomberont dans l’oubli dans une semaine, un mois ou un an, des paroles vides de tout véritable début d’idée pour prendre mieux soin des gens avec des problèmes mentaux alors que le système de santé américain est un bordel géant(et qu’on le saborde chaque jour un peu plus)… et l’idée de génie d’armer les professeurs. La référence éculée au deuxième amendement, la NRA et les mass shooters ont encore de beaux jours devant eux…
Je me demande si je ne devrais pas pousser l’armoire de ma classe plus près de la porte pour pouvoir bloquer cette dernière plus rapidement, en fait.

20 février, 2018 à 18:31 | Commentaires (0) | Permalien


Plouf plouf j’t'embrouille… De la petite confusion sur les vaccins

Lecteur, je ne veux pas lancer une polémique sur les vaccins.
Si dès fois ça t’intéresse, je pense qu’on doit aux vaccins que nos enfants n’aient plus la polio, et c’est un bienfait.
Maintenant, je trouve aussi qu’on en fait de plus en plus, pour tout et n’importe quoi, et qu’il faut raison garder.
Quand le papa de Christiaan m’écrit pour me prévenir que son fils est absent car il a la grippe, malgré le vaccin, je me demande bien pour quelles raisons on vaccinerait tous les ans contre la grippe ce grand gaillard de joueur de basket de 15 ans, 1m90 pour 95 kilos à vue de nez, en pleine forme et en pleine santé.
Cela dit, je comprends et respecte les opinions contraires, quelles qu’elles soient. Chacun fait les choix santé qu’il veut/peut pour ses enfants.

D’un commun accord, LHomme et moi évitons tout ce qui n’est pas obligatoire… à commencer par l’hépatite B.
C’est un vaccin que j’ai eu à 15 ans comme tout le monde parce que c’était la mode et parce que le laboratoire avait bien fait sa comm. Mon frère y a eu droit aussi, mais lui a eu de très violentes réactions après chaque injection. Et quand à 20 ans je suis rentrée des vendanges sans pouvoir bouger mon pied gauche à cause d’une paralysie des vendangeurs, j’ai eu le droit de faire le tour des neurologues parisiens pour vérifier que ce n’était pas un début de sclérose en plaques avec question systématique sur ma vaccination. Malgré tous les communiqués rassurants depuis, je ne pense toujours pas du bien du vaccin contre l’hépatite B.
Les filles ne sont dons pas vaccinées.  

Malheureusement, l’hépatite B est un vaccin obligatoire ici. 
Quand nous sommes arrivés, on pouvait encore expliquer, via son médecin, qu’on refusait un vaccin pour raisons religieuses ou personnelles, mais ce n’est plus le cas.

Les américains étant des fadas de la vaccination, il se tient alors parfois des conciliabules entre mamans francophones sur comment passer entre les gouttes…. Le carnet de santé français, ce « truc » d’un autre âge à moitié en loques et rédigé en pattes de mouche que tu jettes en pâture aux médecins locaux, non sans un sourire narquois (« tiens, docteur, démerde-toi avec ça »), devient alors ta meilleure arme.
Le médecin américain, qui n’a pas suivi le cours « j’écris comme un cochon 1.0″ des médecins français et encore moins le cours obligatoire coefficient 10 « je décrypte l’écriture de cochon 4.0″ des pharmaciens français, blémit à sa vue, s’empare de la « chose » avec frayeur, l’emporte avec hâte dans le couloir, le jette à une infirmière malchanceuse comme un ballon de rugby avec pour consigne « va me décrypter ça », et revient tout en sueur 3 heures plus tard avec un relevé des vaccins qu’il espère exact (sinon, gare à l’action en justice).

Or, le carnet de santé est facilement… modifiable, si tu vois ce que je veux dire.
Ainsi, Carine a modifié grossièrement au stylo bic les dates d’un vaccin pour sa fille afin d’éviter que la pédiatre américaine ne reprenne à zéro tout le protocole à cause de quelques semaines de différence entre le calendrier vaccinal français et américain. C’est passé comme une lettre à la poste.

Mais dans notre cas, il aurait fallu carrément falsifier le carnet de santé des filles et rajouter un faux vaccin contre l’hépatite B. Décision un peu extrême pour « si peu ».

Or, voilà qu’on s’est rendu compte que le problème s’était résolu de lui-même : les filles sont vaccinées contre l’Hépatite B ! C’est marqué noir sur blanc sur le relevé de vaccination pondu par la dernière pédiatre en date après analyse dudit carnet de santé. Elles ont reçu toutes leurs injections quand elles étaient bébé.
Par quel miracle? Mais par le miracle de la méconnaissance du français. 
Ici, en tout illogisme, le Pentavac vaccine contre 6 maladies, dont l’hépatite B. Et comme sur le carnet de santé français la vaccination anti-hépatique est notée au même endroit que le Pentavac, la pédiatre s’est joyeusement emmêlé les pinceaux.

Juste quand on commençait à se dire qu’on n’y couperait pas et qu’il faudrait vacciner Choupette quand le collège l’année prochaine mettrait de nouveau le nez dans les dossiers médicaux.
Eh ben finalement non… On va passer entre les gouttes.

Bon, on a quand même expliqué aux filles la différences entre le fantasme et la réalité. Si plus tard elles doivent ou veulent faire le vaccin, il est bon qu’elles sachent que leur relevé de vaccination n’est pas très fiable.

27 janvier, 2018 à 08:48 | Commentaires (1) | Permalien


La montagne, ça vous gagne !

Cette année, la famille Nouche est repartie sur les pistes pour profiter de tous ces jours de vacances qu’il restait après le jour de l’an (je ne sais pas toi, mais personnellement, j’ai aimé reprendre seulement le 8 janiver et non pas le 2 ou le 3 comme certaines années).

Après avoir craint très fort de rester coincés plusieurs jours à Lac Mammouth l’année dernière, nous avons préféré jouer la sûreté en portant notre dévolu sur le fameux Lac Tahoe, accessible en voiture en une durée françaisement raisonnable (5 heures).

Pour la petite histoire, le Lac Tahoe ne s’est pas toujours appelé ainsi. Tahoe est la déformation du nom donné au lac par la tribu Washoe. Il a d’abord été débaptisé pour s’appeler Lac Bonpland, du nom d’un botaniste français faisant partie de l’expédition ayant « découvert » le lac. Puis, le lac s’est appelé Bigler du nom du très populaire gouverneur de Californie de l’époque (à Sacramento, au Sénat, on nous a raconté qu’il aurait sauvé des flammes un portrait de Wahsington, ce qui lui aurait valu de voir le lac nommé en son honneur, mais je ne trouve guère de trace de cette légende sur le grand Internet mondial)… avant que celui-ci ne prenne un peu trop la défense des confédérés et que le lac soit rebaptisé Tahoe.
Le lac Tahoe est l’un des lacs les plus profonds au monde. 
Et il est magnifiquement bleu, du fait d’une faible concentration en algue, et clair.

Les californiens de la Zone de la Baie adooooorent Tahoe!
Chaque week-end, ils s’entassent par milliers dans leurs voitures le plus tôt possible le vendredi midi pour y passer le week-end, hiver comme été, causant des miles de bouchons.
Les forfaits sont comme il se doit hors de prix, mais les américains vont au ski pour faire la fête. Je doute qu’ils skient tous les jours. La plupart de nos amis skient une journée, puis baladent, vont au spa, profitent des magasins et des restaurants… On doit faire figure de forcenés avec nos forfaits achetés à l’avance qui nous poussent à skier tous les jours pendant au moins 4 heures et demie qu’il pleuve, neige, vente ou tempête, qu’il y ait de la neige ou pas, qu’il fasse 20 (c’est la Californie, ça peut arriver) ou -20, qu’on en ait vraiment envie ou pas.

Les bords du lac sont donc bordés de stations de ski.
Notre choix s’est porté sur une des plus proches de chez nous, Célestia. Oui, c’est un nom ridicule, je suis d’accord.
Ce qui est amusant, à Célestia, c’est que la ville est à cheval entre la Californie et le Névada, et que tu vois très nettement la frontière entre les 2 états : côté californien, la station est mignonne avec des constructions type alpin. Tu traverses la rue et tu te retrouves devant d’immenses immeubles moches et des casinos : tu es au Névada !

À part une petite déception nouchettiennes quant à l’impossibilité de faire de la luge (0 neige en station), Célestia nous a bien plu.
Voici pourquoi :
- Le domaine est gigantesque. Cette année, faute de neige, seul un quart de la station était ouverte mais le domaine est tellement vaste que ça n’est pas tellement un problème.
- On a été impressionnés par la longueur des pistes. Tu peux skier sans discontinuer pendant 20 bonnes minutes avant de devoir reprendre le moindre télésiège. Il faut dire que le plus haut des pistes est à 3000 mètres et que tu peux descendre jusqu’à 1600 mètres environ.
- Il est vraiment plaisant de goûter à l’oganisation à l’américaine : il y a des petits restaurants partout avec des toilettes à la propreté immaculée dans lesquels tu peux te ravitailler gratuitement en mouchoirs ou t’hydrater les mains.
Les queues au télésiège sont SU-PER bien organisées : si tu es en groupe, tu fais la queue ensemble et tu es sûr de monter ensemble sur le télésiège. Tout le monde respecte l’ordre de passage dans le calme et la bonne humeur et personne n’essaie de planter ses bâtons devant tes skis pour te griller la priorité.
Le logement avec kitchenette est blindé d’ustensiles de cuisine. Je crois qu’il ne manque rien de ce dont tu pourrais avoir besoin, ce qui est assez ironique dans la mesure où je ne pense pas que les américains fassent autre chose que se commander des pizzas. 
- LHomme, avec sa passion pour les cartes, est ravi : ton forfait enregistre partout où tu passes et tu peux ensuite voir en ligne ton parcours et les dénivelés, tout en gagnant des badges (les américains aiment les récompenses, comme tu le sais déjà). On a d’ailleurs un badge pour avoir descendu l’ancienne piste olympique (ce qui en dit long sur l’évolution du sport quand tu penses que Choupette l’a descendue à bonne vitesse et sans tomber, plusieurs fois, et en se régalant, alors qu’elle a un niveau première étoile).
- Il y a une « ski patrol », sorte de police du ski, qui arpente les pistes afin d’attraper les skieurs et snowboarders au comportement dangereux. Si tu te fais « arrêter » hors piste ou à faire le zouave, tu risques 4 semaines de suspension de forfait. Ayant des enfants qui sont encore plutôt débutants à ski, j’apprécie qu’il y ait un minimum de contrôle. Mais surtout, les membres de la « ski patrol » sont bien sympa et se mettent à disposition des gens pour les renseigner, les orienter et les conseiller. 
J’ai profité d’une discussion avec l’un d’entre eux pour demander pourquoi on laissait les gens monter sur les télésièges sans baisser le garde-fou, ce qui me sidère (et m’inquiète pour quand les nouchettes ne sont pas avec moi) à chaque fois. Il m’a répondu avec beaucoup de philosophie et non sans une certaine ironie (dans la mesure où son rôle est quand même de fliquer les gens sur les pistes) qu’il croyait au libre-arbitre et que si les gens étaient assez niais pour ne pas comprendre le danger en cas de vent ou d’arrêt subi du télésiège, c’était un peu tant pis pour eux. Il m’a dit de bien dresser mes filles à imposer d’abaisser le garde-fou quand elles sont avec des étrangers et de ne pas me soucier des autres. 
- Et bien sûr, il y a une vue incroyable sur le lac depuis les pistes. C’est vraiment magique.

Voilà donc encore une expérience typiquement californienne à cocher de notre liste : on a fait du ski à Tahoe !

 

15 janvier, 2018 à 19:15 | Commentaires (3) | Permalien


Obama cared. Trump… not so much

Ami lecteur, il est temps de te révéler les dessous des assurances maladie américaines.

Je ne sais pas si tu te souviens, mais l’Obamacare nous a forcés à délaisser notre super assurance d’expatriés pour adopter une assurance américaine, ce qui a été un peu pénible dans la mesure où ni mon travail à l’époque ni celui de LHomme ne proposaient d’assurance couvrant les enfants.
Mais bon, pour parler un peu politique, n’en déplaise à M. Trump et ses copains républicains qui semblent penser que les américains CHOISISSENT d’avoir ou non une assurance, il n’en est rien : quand tu dois avoir 3 boulots pour à peine joindre les 2 bouts en Californie, ce n’est pas par choix que tu n’as pas d’assurance santé. 

Le principe des assurances santé est extrêmement compliqué par ici.
Donc,quand tu as de la chance, ton employeur t’en propose une. Ça fait partie de l’offre d’embauche et la qualité de ladite assurance peut faire sérieusement pencher la balance entre un boulot et un autre. Il va sans dire, pour en revenir à M. Trump, qu’aucun boulot qui paie au ras des paquerettes n’offre d’assurance santé.
Il y a bien sûr pour l’instant encore des systèmes d’aide proposés aux personnes à ressources limitées, comme Medicaid, qui existe depuis une cinquantaine d’années et est financé par les états avec l’aide du gouvernement fédéral. Mais certains de ces systèmes sont à bout de souffle faute de financement, comme celui qui permet de couvrir les enfants dont les parents n’ont pas d’assurance santé, ce qui ne prédit pas de jours joyeux aux plus démunis car l’administration Trump donne le feu vert à de plus en plus de restrictions (ici, si ça t’intéresse).

Mais assez parlé du déplorable M. Trump…

Donc, ton boulot t’offre une couverture santé, lucky you, avec plusieurs options.
Et là, tu dois choisir (misère !) :
- Tu as le HMO, Health Maintenance Organization, qui fonctionne un peu comme on en a l’habitude en France : tu paies un montant fixe par mois, ton employeur en paie une partie aussi (sinon c’est bien trop cher), qui dépend de combien de membres de ta famille tu veux couvrir (et si ton employeur n’offre pas cette option, c’est de ta poche et attention les yeux), et tu es remboursé de tes soins.
Généralement, ce genre d’assurance appartient à un réseau particulier, ce qui fait que tu dois aller voir leurs médecins, aller dans leurs hôpitaux, si tu veux être remboursé.
Malgré le fait que tu paies ton assurance tous les mois, les soins ne sont pas gratuits (faut pas déconner !). Selon le niveau de couverture choisi, tu as ou non des « deductibles » et des « co-pays », qui sont la partie que tu continues de payer à chaque visite : 10 ou 20 dollars de ta poche à chaque visite de médecin, 50 dollars si tu vas aux urgences, 100 dollars si tu es admis à l’hôpital… jusqu’à ce que tu atteignes un « out of pocket maximum » (souvent de l’ordre de 5000 à 7000 dollars par an, mais parfois plus) à partir duquel tu as quand même le droit de ne plus rien payer.
Ce qu’il te reste à payer à chaque visite dépend de la qualité du HMO choisi (plus tu paies  de cotisation par mois, moins tu as de « co-pay » et plus bas est le « out of pocket maximum » à partir duquel tu es remboursé intégralement).
- Tu as aussi le HSA, pour Health Saving Account, qui comme son nom l’indique est donc un compte d’épargne : il est couplé à une assurance (donc on retrouve les « co-pays » et « out-of-pocket maximum » ainsi qu’un réseau de médecins imposé), mais il fonctionne un peu différemment.
La cotisation mensuelle est moins chère car on attend de toi que tu mettes des sous de côtés sur un compte spécial pour payer tes frais de santé. Généralement, ton employeur contribue également.
Par exemple, JustForBoys HS contribue à hauteur de 3000 dollars par an et par famille, et chaque employé peut ajouter une contribution mensuelle du montant de son choix, qui est prélevée hors taxe (ce qui permet de payer moins d’impôts).
Il y a une carte de crédit associé à ce compte pour payer les frais de santé. Bien sûr, cette carte ne doit servir qu’à ça et tu ne peux pas aller faire tes courses avec.
L’avantage, par rapport au HMO, c’est que tu gardes tout l’argent que tu n’as pas dépensé pour tes frais de santé. Là encore, tu ne récupères pas cet argent à la fin de l’année pour partir en vacances. Il reste sur ton compte HSA d’année en année et servira en cas d’année coup dur niveau santé ou pour ta retraite.
C’est un système qui fait un peu plus peur que le HMO quand on a été habitué à la sécurité sociale française, mais au final, avec la contribution de l’employeur, ça revient souvent moins cher d’opter pour ce genre de système si on n’a pas de problèmes de santé importants.
- Et puis il y a la HRA (Health Reimbursement Account), et là je t’avoue que j’ai arrêté de suivre. Je vais donc me contenter d’une définition, et tu y comprendras ce que tu pourras : c’est un compte, financé par ton employeur, qui te rembourse certains frais de santé décidés à l’avance jusqu’à un montant défini. 
Je n’en sais pas plus.
Il y a bien sûr les détails rigolo :

- Quand tu vas chez un médecin, tu ne sais jamais pour combien tu vas en avoir. Il faut attendre de recevoir la facture, plusieurs mois après, pour découvrir ce qu’on t’a facturé car chaque « soin » a son propre code de facturation. 
Par exemple, la médecine préventive est souvent gratuite. Si tu vas chez ton médecin pour un check-up annuel, tu ne paieras rien… tant que tu n’en profites pas pour lui demander conseil sur les vitamines à prendre ou pour lui montrer un grain de beauté.
Des amis à nous avaient demandé au pédiatre les coordonnées d’un psychologue pour aider leur fils qui était un peu déprimé depuis leur arrivée aux US. Juste ça, des coordonnées. Ça leur a été facturé en « consultation pschiatrique », le double d’une visite normale. Ils étaient ravis!

- Les réseaux couvrent des zones géographiques précises. Pendant longtemps, Surf-City a eu ses réseaux d’assurance à part malgré le nombre croissant de gens travaillant dans la Silicium Vallée. Quand je travaillais à JustForGirls High, il fallait donc faire au minimum 45 minutes en voiture pour voir un médecin car l’assurance offerte par mon boulot ne couvrait pas Surf-City. 
Heureusement, l’un des réseaux a lancé une couverture sur Surf-City l’année dernière, et le second grand réseau a suivi cette année, ce qui nous laisse plus d’options.

- Chaque année, tu dois potentiellement repenser ton choix.
Le HMO que nous avions choisi l’année dernière ayant plus que doublé le montant de sa cotisation mensuelle (passant donc à plus de 400 dollars de ma poche) pour les mêmes prestations, nous avons par exemple dû changer de réseau (donc nouveaux médecins et locaux… super si tu as besoin d’être suivi régulièrement) et de méthode d’assurance cette année pour nous lancer dans un HSA… en espérant que le nouveau réseau, qui vient d’ouvrir sa couverture sur Surf-City, n’en profitera pas pour doubler lui aussi ses tarifs l’année prochaine.

- Les frais dentaires et de vision font rarement partie du package. Il faut donc une assurance spécifique, avec ses propres cotisations, pour être remboursé. 
Généralement, les visites préventives (nettoyage, contrôle) sont intégralement remboursées deux ou trois fois par an. Pour le reste, tu paies entre 40 et 50% de ta poche sur tout, selon que ton dentiste ou opticien fait partie du réseau agréé par ton assurance ou non, jusqu’à ce que tu aies atteint un plafond maximal de dépense ridiculement bas (de l’ordre de 1000 dollars par personne. En gros, si tu as besoin d’une couronne, you’re screwed) passé lequel tu es lâché par ton assurance de toute façon. Si tu n’as pas tout dépensé, ces sous sont perdus.
Par conséquent, les secrétaires des dentistes sont des pros pour calculer ce qu’il te reste à dépenser et te conseiller les soins encore possibles pour dépenser tout ton budget sans dépasser. Au mois de novembre, il n’est pas rare de discuter sans fin sur la meilleure stratégie à adopter pour faire soigner ta carie avant d’avoir trop mal sans devoir renoncer à faire un cadeau de Noël à l’un de tes enfants.
Quant à la vision, c’est risible : tes lentilles te sont remboursées un an sur 2. Je ne sais pas bien ce que tu es supposé faire la deuxième année, du coup. Porter des lunettes? Porter seulement une lentille pendant un an et fermer l’autre oeil, et alterner l’année suivante? Utiliser tes lentilles pendant 2 mois au lieu d’un pour les faire durer plus?

Depuis mon changement de boulot, on ne peut pas trop se plaindre parce que ma nouvelle école propose de couvrir les familles. Mais par curiosité, j’aimerais bien savoir comment sont assurés les employés d’Apple… ça doit être quelque chose !

14 janvier, 2018 à 14:43 | Commentaires (1) | Permalien


Les pitoyables aventures de sa ReF à ChoupetteLand*

*Titre emprunté (et légèrement modifié) à Nathalie Jomard, dont je te recommande chaudement l’hilarant blog 

Ce n’est pas que je veuille absolument te parler des problèmes intimes de sa ReF mais il faut bien que je place le contexte.
Sa ReF est d’une jolie couleur crème pâle. Or, parfois, quand la pâtée n’a pas été super bien digérée, sa ReF se balade avec le popotin couleur curcuma le temps qu’elle arrive à bien se nettoyer. Comme c’est un chaton super fourru, ça peut prendre un certain temps.

Or, dimanche dernier, sa ReF embaumait tellement que la nécessité de lui apporter un peu d’aide avec une lingette pour bébé s’est imposée.
Et là, face à ce genre de tâche, ça devient vite l’histoire de quelqu’un qui doit faire quelque chose que tout le monde pourrait faire mais que personne ne fait.
Il faut reconnaître à Choupette sa bonne volonté : elle ne rechigne pas à aider aux tâches ingrates quand il s’agit de sa ReF : elle donne à manger, elle nettoie la litière, elle la brosse… et elle lui nettoie les fesses si nécessaire.
Donc, dimanche dernier, Choupette a fait du bon travail : se ReF a eu le postérieur ultra-propre en un rien de temps, grâce aux lingettes… de Javel !!!! que Choupette a utilisées.

Voyons le bon côté des choses : sa ReF ne nous a pas claqué entre les pattes malgré la Javel qu’elle n’a sans doute pas manqué d’ingérer en se lêchant.
Et ça aurait pu être bien plus humiliant si sa ReF avait été noire ;-) .

10 décembre, 2017 à 07:59 | Commentaires (1) | Permalien


Dompter le kale

Voici 5 ans, le kale est entré en force dans notre vie. Ici, c’est un légume vénéré pour sa richesse en nutriments de toutes sortes, il n’était donc pas simple de l’éviter : on en a dans nos paniers de légumes, il y en a partout au farmer’s market.
Forcément, un jour ou l’autre, dans un moment d’égarement ou en croyant saisir une botte de blettes, on se retrouve dans la cuisine à défigurer ce truc vert foncé en se demandant ce qu’on va bien pouvoir en faire.
Car, soyons honnête : c’est pas bien bon !
En soupe, en gratin, en purée, en jus (!!!)… crois-moi, j’ai essayé pour des résultats de très médiocres à franchement désagréables au palais.

Jusqu’au miracle et une recette d’Elena Amsterdam un peu modifiée pour ajouter la sauce de la super bonne salade de kale de Nouvelle Feuille (le supermarché bio local). Depuis, tout le monde à la maison se jette sur le kale… cru !
Oui, ladies and gentlemen ! Incroyable mais vrai !

Voici comment :

Pour 4
2 bottes de kale
1 avocat
de l’huile (olive, par ici, mais c’est comme tu le sens)
du jus de citron
du Braggs liquid aminos (sans doute remplaçable par un peu de sauce soja ou du Tamari)

1) Enlever la queue des feuilles de kale, laver puis couper les feuilles en petits morceaux
2) Dans un saladier, préparer une sauce avec l’huile, le jus de citron et le Braggs (dosage à ton goût)
3) Placer les morceaux de kale dans le saladier et masser (avec tes p’tites mains) le kale jusqu’à l’assouplir (quelques minutes)
4) Éplucher l’avocat et le couper en morceau, puis écraser-le en morceau en le mélangeant au kale.

Tu m’en diras des nouvelles…

 

3 décembre, 2017 à 18:58 | Commentaires (0) | Permalien


Vet Day

Ainsi donc, Sa ReF (Royauté en Fourrure), 17 semaines, est venue égayer notre petite vie de sa délicate présence féline (et parfois parfumer notre intérieur de ses crottes matinales merveilleusement odorantes déposées avec grâce le plus loin possible de sa litière).

Hier, il était temps de lui faire son rappel de vaccin.
Nous sommes donc parties, Choupette, Sa ReF et moi-même, à une clinique vétérinaire recommandée chaudement par tout le voisinage (est-ce que le réseau Nextdoor -ou comment tout savoir de ton quartier, même ce que tu n’as pas demandé- existe en France?), non sans avoir troqué mon sac Vuimès, cadeau pour mes 40 ans, pour un banal sac en laine, souvenir d’Écosse, histoire de ne pas me faire assassiner sur le prix forcément fluctuant de la visite juste parce que j’ai faussement l’air de pouvoir payer la consultation 3 fois plus que la personne avant moi.

La dame qui s’est occupée de Sa ReF avant de nous la confier a été très claire : un seul vaccin ! Sa ReF est une petite chose délicate qui réagit mal aux vaccins.
Mais forcément, la véto a eu beau se dire modérée sur le sujet (et c’est vrai qu’elle a dit qu’un seul rappel suffirait au lieu de 2), elle n’a pas manqué de tenter de nous ficher la trouille avec la rage. Comme tout médecin qui se respecte, elle a forcément une anecdote sordide pour contrecarrer ton argument pourtant imparable que Sa ReF ne risque guère de choper la rage vu qu’elle sera un chat d’intérieur et ne posera pas sa noble papatte dehors sous peine de finir en snack du puma local (celui photographié par le voisin en train de boire dans le bassin à oiseaux de leur jardin à 8 heures du matin, par exemple) : une dame à OtterVille est morte après qu’une chauve-souris enragée s’est introduite dans sa maison, a mordu son animal de compagnie qui l’a à son tour mordue.
Et là, tu es partagée entre la crainte (après tout, un pitchoun est mort de la rage il y a peu en France, et très clairement je ne veux pas tenter l’expérience avec mes filles) et une envie irrépressible de rire parce que… zut… une chauve-souris enragée quoi…. Y’a que moi qui pense à Bigard (Oui, j’ai un peu honte, mais on a la culture qu’on peut) ? 

11 novembre, 2017 à 17:38 | Commentaires (1) | Permalien


Américanisation – Année 5

Il est temps du bilan quasi-annuel (pour rappel, voici le premier bilan : ici)
Sommes-nous désormais de vrais californiens?
Je te laisse juger, tu me diras dans les commentaires :

- Nous avons remplacé notre mini-BBQ à charbon qui grillait 3 saucisses par une énormité à gaz sur lequel on peut faire cuire 22 steaks à hamburgers (pas qu’on pense faire un jour cuire 22 steaks hachés en même temps… mais si on le voulait, on le pourrait!).
– LHomme est professeur de yoga agréé après une formation de 200 heures avec TheGrandGourou l’année dernière.
– Grandounette a rejoint l’équipe Junior Varsity de volley de son lycée et s’entraîne donc 2 heures par jour après l’école, plus les matchs et tournois.
– Choupette fait du chant le lundi, du volley le mardi, du cirque le jeudi et de la clarinette dans l’orchestre de l’école le vendredi
– Nous avons maintenant une assurance santé américaine. Les termes co-pay, deductibles, out-of-pocket maximum, HSA, HMO, HRA n’ont presque plus de secrets pour nous. D’ailleurs, je te raconte bientôt.
– Au bout de 5 ans, nos voisins propriétaires se sont enfin rendus compte de notre présence locative parmi eux et nous convient désormais à leur réunion-margarita mensuelle. C’est con, on va partir…
– …Car on a des plans d’achat de maison. Nous avons bel et bien totalement perdu pied avec la réalité financière de ce monde et restons de marbre face aux prix de l’immobilier local. Un jour prochain, quand l’euro en aura fini de sa chute vertigineuse, nous allons comme des grands et sans pleurer aller voir notre ami le banquier pour demander un prêt d’un million de dollars pour acheter un palace un manoir une villa énorme avec 8 chambres, piscine et jaccuzi une basique maison T3, dans laquelle toute la déco sera à refaire, avec vis-à-vis « je vis chez mes voisins » et 50 mètres carrés de jardinet envahi de gophers.
– Cet hiver, nous irons skier au lac Tahoe.
– Je sais cuisiner le kale et je suis tatouée (bon, ça, ça fait 3 ans, mais je n’avais pas encore fait mon coming-out sur ce blog)

Alors, verdict? Peut-on encore nous sauver ou sommes-nous cause perdue?

27 octobre, 2017 à 16:03 | Commentaires (7) | Permalien


Les voyages de Sniff – L’Islande

Et oui, je sais, c’était en juin dernier !
Mais ça valait le coup d’attendre, les photos sont magnifiques.

Sniff en Islande

Et toi, l’Islande, ça te dit?
Tu y es déjà allé(e)? Ça t’a plu? Des conseils?

13 octobre, 2017 à 17:56 | Commentaires (1) | Permalien


O captain! My captain!

Donc voilà, je suis prof.
Ce n’est pas une seconde ce que j’imaginais faire de ma vie. Je pense même qu’adolescente, j’ai dû dire/penser quelque chose comme « plutôt crever qu’être prof! » (quotidiennement à plusieurs reprises).
Malgré tout, une fois éliminées les idées un peu niaises (juge pour enfants -genre !!!-, journaliste sportif pour épouser Gustavo Kuerten, chanteuse dans les Misérables) et/ou floues  (Commandant Cousteau, Haroun Tazieff) de mon enfance et adolescence, je dois bien admettre qu’à la fac j’avais 2 métiers sérieux et à peu près réalisables en tête : traductrice pour le cinéma ou prof de français dans un pays anglophone. Je ne peux donc pas trop me plaindre, je fais l’un des 2 (et l’autre n’est plus si inaccessible maintenant que Netflix est à un pet de mouette de chez moi et me harcèle sur LinkedIn).
Au final, j’aime plutôt bien mon boulot.

Et même si ce n’est pas un métier que je fais par passion, j’y passe un temps fou, en préparations, corrections, formations.
Il n’est pas question que j’arrive devant mes élèves pour improviser un cours. J’essaye de rendre les leçons amusantes autant que possible.
J’essaye de corriger mes copies rapidement et de commenter le travail de mes élèves de manière constructive en leur donnant des conseils dont ils se fichent comme de leur première paire de chaussettes rouges et jaunes à p’tits pois (car, oui, on fait Dorothée en Français 1) sur comment s’améliorer si dès fois ça les intéresse.
Je m’intéresse un tant soit peu aux nouvelles tendances dans l’éducation pour voir si je ne peux pas améliorer mes cours, ma notation, mes projets…
Je me soucie de mes élèves et je fais attention à eux.

Alors, désolée si je généralise sur la base de quelques cas tordus, mais j’en ai assez qu’on glorifie des gens sans se poser de questions au détriment de tous ceux qui font leur travail sans chichi, mais qui le font bien et de maniète éthique.

Donc, lecteur, si tu as des enfants à l’école, et surtout si tu as des ados, dis-leur bien ça : si ton prof prépare ses cours, s’il t’apprend 2 ou 3 trucs dans l’année, s’il change ses activités de temps en temps, s’il prend le temps parfois de remarquer ta nouvelle coupe de cheveux, s’il vérifie que ça va quand tu arrives avec la tête à l’envers en cours, s’il te demande si tu vas mieux quelques jours plus tard, c’est déjà franchement bien. N’en demande pas plus.

Pourquoi? Parce qu’aussi fort que soit ton désir d’ado mal dans ta peau de trouver un mentor qui te prendra sous son aile et te guidera vers un avenir radieux, aussi enthousiasmant soit-il de tomber sur un prof qui semble te comprendre bien mieux que tes parents ces bâtards et partager ta souffrance adolescente, je suis désolée de le dire, mais c’est juste zarb.
Un prof adulte, il a une vie à côté de son boulot et le soir il rentre chez lui retrouver ses amis, sa famille, son chat et/ou sa télé… pas toi et ta bande de potes au cinéma ou sur Instagram. Il comprend ta souffrance adolescente mais il ne la partage pas parce qu’il n’est plus un ado lui-même. Si tu lui confies des problèmes sérieux, il va t’aider en te dirigeant vers des personnes compétentes, pas en t’invitant à boire un café pour en parler seul à seul. Un prof adulte, il ne partage pas ses photos de week-end avec toi. Il ne partage pas ses problèmes personnels avec toi. À moins qu’il soit ami avec tes parents (pour l’avoir vécu, crois-moi, je compatis), il ne viendra jamais chez toi, tu n’iras jamais chez lui.

Dans ma vie, j’ai croisé 3 profs très trop proches de leurs élèves. Dans 2 cas sur 3, l’envers du décor est soupçonné d’être très très moche.
Il y a eu ma prof d’histoire en terminale, à WeshWeshVille, back in the days, qui se vantait de n’aimer que les terminales ES (donc nous) et de détester les S. On aimait ça, nous les mal-aimés de l’orientation, de s’entendre dire qu’on était plus cools que les S et plus intelligents que les L. Elle emmenait chaque année sa terminale ES au ski et elle passait sa soirée au café à picoler entourée d’une clique d’élèves enfumés et enamourés pour disserter sur des sujets hyper sérieux comme « le préservatif tue-t-il l’amour » (sans laprofdallemand et moi-même qui avions choisi de nous amuser bien plus avec une petite bande d’irréductibles en faisant de la luge sur les pistes désertées). Puis, elle se régalait des rumeurs qui couraient à son sujet sur ses relations particulières avec ses élèves de la gente masculine et se mettait en scène sur la photo de classe en se plaçant au milieu des garçons de la classe. Accessoirement, elle surnotait les garçons populaires qui ne comprenaient pas trop en juillet comment ils avaient pu avoir 15 toute l’année en histoire et se taper 7 au bac.
À la lumière de mes découvertes ultérieures sur ce genre de personnalités, je ne peux m’empêcher de me demander maintenant ce qu’il y avait vraiment derrière ces rumeurs. Peut-être que dans son cas à elle, c’était juste de la poudre aux yeux pour flatter son ego vieillissant d’alcoolique tout en emmerdant le proviseur du lycée. Mais était-ce tout? Les garçons, après tout, ne sont pas non plus à l’abri de personnalités manipulatrices qui savent parler doux pour obtenir des faveurs.

Puis, il y a eu M. Gwendal, l’instituteur de Grandounette quand nous sommes arrivés aux USA. M. G, français immigré aux US depuis 20 ans,  jeune papa d’un fils de un an qui était pourtant très (trop?) souvent présent à l’école. On pensait qu’il travaillait dur. Peut-être aussi qu’il travaillait dur.
En tout cas, il était là à beaucoup d’événements de l’école, avec son appareil photo. Ça tombait quand même super bien, un instit qui est bon photographe et toujours disponible.
M. Gwendal, c’était la perle rare, le français parfaitement bilingue, passionné par son métier, leader d’un club de jeux de société que les enfants adoraient, faisant forte impression sur les petits garçons et leurs mamans.
Sauf qu’un jour on a trouvé des trucs pas nets « concernant des enfants » (dixit la police) sur son ordinateur et qu’en réaction il a choisi de fuir en France en plantant sa femme et son fils. Il n’est jamais revenu et n’a jamais été jugé.
On ne saura jamais les détails (quel genre de trucs pas nets?) ni la fin de l’histoire (était-il coupable ou innocent?).
Aujourd’hui, je te rassure, m. Gwendal va bien. Même s’il ne pourra jamais remettre un orteil aux Etats-Unis où vivent son ex-femme et son fils, il s’apprête à entamer une brillante carrière de … prof! en France. Car, oui, joie bonheur dans les coeurs, m. Gwendal a eu son Capes en juin dernier!
(Oui, j’ai prévenu Mr Frizzy, le principal de SuperÉcole, qui a appelé la police qui a appelé l’US authority qui a appelé la France -et c’est là que je perds confiance que quoi que ce soit ait été fait-, et le rectorat de l’académie concernée qui n’a jamais répondu)

Enfin, tout récemment, il y a eu Mr T., rien moins que Le Héros de JustForBoys High! Prof d’anglais et de théâtre pendant des années, sa mort subite cet été a brisé le coeur de nombreux élèves, collègues et parents.
Le lycée lui a rendu un vibrant hommage, over over the top, à l’américaine.
Les témoignages dithyrambiques se sont succédés pour rappeler son dévouement, son rôle de leader naturel, de presque-dieu. On allait même renommer le théâtre en l’honneur de ce prof si proche de ses élèves qui a touché tant d’adolescents et adolescentes.
Sauf que voilà, une bien vilaine rumeur suffisamment crédible pour être prise au sérieux par l’administration a commencé à se répandre qu’il n’aurait pas touché certaines adolescentes que moralement. Et voilà qu’il n’y aura finalement pas de théâtre Mr T, qu’il a fallu réimprimer 2 fois les agendas et calendriers des élèves (une première fois pour changer le nom du théâtre en « Mr T’s theatre », une deuxième fois pour revenir au nom d’origine)… parce qu’une fois encore, le Héros de l’école avait, soupçonne-t-on, une face bien sombre.

 Alors, amis profs qui me lisez et qui faites consciencieusement votre travail en maintenant fermement une barrière entre vos élèves et vous, entre votre métier et votre vie privée : merci, et bravo!
Et tant pis si personne n’aura l’idée de donner notre nom au gymnase/ à la bibliothèque/la cantine/la machine à café/la salle des profs en notre honneur quand on partira à la retraite.

 

11 octobre, 2017 à 14:52 | Commentaires (2) | Permalien


Imagine Dragons ou pourquoi on ne va pas au concert avec de jeunes enfants

Voici comment les enfants répondent à leurs propres questions :
Choupette, dans la voiture, en arrivant sur le parking, vers 7h30 : – Pourquoi on ne va jamais à des concerts?
Maman : Ben si, là on y va, non?
Choupette : Oui, mais avant on n’y a jamais été.
Maman : C’est que c’est pas bien facile avec de jeunes enfants.
Choupette : Pourquoi?
.
.
.
Choupettte, à 7h45 : J’ai froid !
Choupette à 7h50 : C’est fort.
Choupette à 7h52 : Les bouchons d’oreille me font mal.
Choupette à 7h53, 8h, 8h13, 8h24, 8h46, 8h52, 9h00, 9h03, 9h05, 9h06, 9h07, 9h15, 9h20, 9h24, 9h30 : Ça commence quand la vraie musique? (il faut dire à sa décharge que 2 premières parties, dont une pas trop de notre goût et donc beaucoup trop longue avec un décor de dentition gonflable, c’est un peu abusé)
Choupette à 9h35, soit 3 minutes après l’arrivée du groupe : Je suis fatiguée
Choupette à 9h45, 10h, 10h13, 10h24, 10h46, 10h52, 11h00, 11h03, 11h05, 11h06, 11h07, 11h15, 11h20 : Ils ont pas chanté Believer !
Choupette à minuit, en réponse à la question « mais quand même ça t’a plu? »: Oui, mais + reprise de toutes les plaintes ci-dessus
CQFD !
Bon, et sinon, ça se passe comment un concert aux Etats-Unis?
Eh bien, beaucoup comme en France, en fait.
Quelques différences notables :
- la première partie (ou dans notre cas la première première partie) commence à l’heure pile.
- Il n’y a pas de fosse (en tout cas, pas dans ce lieu), donc pas de gens qui s’entassent 8 heures avant pour être au plus près de la scène. Si tu veux être près de la scène, il faut simplement payer le prix fort.
- Il y a un employé tous les mètres pour te montrer où te garer et par où entrer et sortir du parking, sur plusieurs blocs autour de la salle de concert. On sait pourtant, depuis le temps, que les américains mettent le paquet sur le personnel (remember), mais c’est toujours aussi impressionnant à voir.
- Personne ne fume, alors que c’est en plein air (souvenir ému des concerts de Manu Chao aux arènes de Nîmes, de Renaud au Dome de Marseille et, pire!, de Tiken Jah Fakoli -parce que ça ne fumait pas non plus que du bon tabac de ta tabatière-).
- Comme au théâtre, pas de bis ou d’applaudissements de 25 minutes : quand la dernière chanson est pliée, les spectateurs applaudissent une petie minute puis la lumière se rallume et tout le monde se barre.

Mais sinon, c’est tout pareil : des premières parties dispensables qui te plombent l’énergie du début de concert du groupe que tu es venu voir, une queue interminable aux toilettes pour femmes, une sécurité présente mais assez laxiste sur la fouille des sacs et personnes (2 jours après le massacre de Las Vegas, ça pose question)… rien de bien neuf.

En tout cas, voilà, c’est fait. Notre premier concert en famille (Grandounette avait eu droit à un avant-goût avec Lhomme pas plus tard que la semaine avant grâce à des places gratuites pour aller voir Maroon 5), et c’était bien chouette. Et même si Choupette a fait la tête tout du long, je crois que rétrospectivement elle a bien aimé (décidément, cette petite me ressemble beaucoup trop, c’est inquiétant !).

Par ici les extraits, en qualité pourrie comme il se doit (mais ça pourrait être pire, tu pourrais avoir la totalité du concert filmé par Grandounette avec le son qui grésille à chaque jeu de lumière, donc ne te plains pas trop) :

Gold

Believer (car, si, ils ont chanté Believer !) => Prends patience, l’image devient presque nette après 15 secondes.

Demons

7 octobre, 2017 à 16:59 | Commentaires (2) | Permalien


…and get a free T.shirt

On dit souvent des américains qu’ils sont de grands enfants.
Il m’arrive surtout de penser qu’ils s’infantilisent (oui, tous seuls comme des grands) au maximum.

Par exemple, ce qui ne manque pas de m’agacer profondément de manière régulière, c’est cette propension inouie à penser qu’il faut récompenser le moindre effort fourni.
Pourtant, les américains sont plutôt ouverts au volontariat. Ils donnent de leur temps régulièrement sans rechigner. Alors j’avoue que je ne comprends pas bien d’où vient cette dérive canine de te donner systématiquement un susucre quand tu donnes la papatte. 

Dans ce domaine, à JFG High School, on avait vraiment touché le fond !
La moindre réunion promettait des cookies et des donuts… Quotidiennement, les couloirs résonnaient d’annonces suraiguës braillées sur une note d’enthousiasme totalement surjouée (bref, à l’américaine) : « Hey girls ! Assistez à la réunion super trop importante sur la sécurité routière ce midi en salle 37. Y’aura des cooooookieeeessssss ! », « Hey friend! Tu ne sais pas quoi faire de ton heure de trou aujourd’hui? Viens donner ton sang et sauver des vies, et repars avec un sticker et un donut », « Attention to all ! Le club de personnalisation de maracas t’invite à venir voir les réalisations de ses membres. Free pizza, girls ! ». So long pour la nutrition saine que l’école est censée promouvoir et bonjour le cliché sur l’alimentation des adolescentes.
À JFG, école catholique oblige, on faisait des « drives », c’est à dire que pendant un temps limité on demandait aux élèves d’apporter de la nourriture ou des objets (nécessaire de toilettes, couverture, jouets, dinde surgelée à Thankgiving ou même des vélos). Mais tu penses bien qu’on ne pouvait pas ne pas récompenser les filles qui avaient amené quelque chose. Certes, c’est du don et le simple plaisir d’avoir rendu un enfant heureux en offrant un vélo aurait dû largement suffire. Mais dès fois que,  on récompensait  quand même en leur donnant exceptionnellement le droit de troquer leur uniforme de l’école (une très très courte jupe à carreaux, des UGGS et un sweatshirt détendu bleu, blanc ou gris) contre leur uniforme de californienne (des yoga pants, des UGGS et un sweatshirt détendu de n’importe quelle couleur mais généralement bleu, blanc ou gris) pour une journée.
À JFG, j’ai vite perdu le compte des emails reçus me demandant d’accorder des points bonus à mes élèves si elles allaient à un événement de l’école, peu importe que le lien avec le français ait été plus que ténu (la chorale chante « au claire de la lune » -écrit comme ça-, le groupe de théâtre monte les Mizérables -itou-, le club international montre un court-métrage suédois sous-titré en français, la chanson choisie par l’équipe de danse sample Stromae pendant 1/4 de secondes) voire inéxistant.

Forcément, après, tes élèves ne font plus rien gratuitement et s’attendent à ce que toute action donne lieu à une récompense. Tu lis dans le regard de certains qu’ils tueraient père et mère pour quelques points bonus et ça fiche franchement les jetons !
Si tu ne t’ y mets pas, tu es la méchante prof (rappelle-toi, les perception surveys !).
Si tu t’y mets, tu te surprends parfois à te prendre pour un dresseur d’otaries à Sea World et à confondre ton cartable avec un seau de hareng fumé.

Mais le pire, c’est que ça s’étend aux adultes : on te promet une fitbit si tu vas te faire prendre la tension, on t’offre 10% sur tes courses si tu te fais vacciner contre la grippe, on te file un t.shirt en édition limitée si tu réponds à une enquête de satisfaction… et le pompon, à JFG : on t’offre des cartes Starbucks pour te remercier de venir aux réunions obligatoires (alors que le mot « obligatoire » implique de manière assez évidente que tu n’as guère le choix que d’être là).

Nous finirons donc cet article à l’américaine : les 4 premiers commentaires recevront un donut !

20 septembre, 2017 à 18:42 | Commentaires (1) | Permalien


Cool fog

Ce jour où tu prends conscience que le brouillard de San Francisco est plus cool que toi. Il s’appelle Karl et il a :
un compte Twitter
Un compte Instagram
Et un compte Facebook

16 septembre, 2017 à 17:16 | Commentaires (0) | Permalien


Bringing up bébé

« Bringing up bébé », c’est le titre d’un best-seller américain sur l’éducation à la française.
La première fois que j’en ai entendu parler, c’était par une collègue enceinte de son premier enfant qui me disait fièrement l’avoir lu et noté de bons conseils. Je me souviens avoir froncé les sourcils : vraiment, aux Etats-Unis, on verrait du bon dans l’éducation des parents français??? Weird!
En fait, après lecture, ça s’explique : le livre se focalise quasi-uniquement sur un résultat majeur que les parents américains, ayant un chouia tendance à s’accrocher à leur minot comme des moules no-lives à leur rocher, peinent à obtenir : les enfants français savent rester à leur place (ils dorment la nuit, ils se tiennent au restaurant) et n’empiètent pas (trop) sur la vie des parents. L’auteur donne donc des méthodes « douces » et aimantes pronées par quelques spécialistes et beaucoup de ses copines (parisiennes du 16eme, a priori) pour y parvenir, en occultant les aspects moins funs de l’éducation française pourtant encore bien présents, j’ai nommé les violences physiques et verbales.
Si j’avais parlé à ma collègue des fessées, des mises au coin, de cette mère française cet été qui hurlait à son fils de 5/6 ans en rentrant de la plage : « Mais ferme ta bouche de merde. J’en peux plus, tu m’énerves!!! Dès que tu ouvres ta bouche, tu m’énerves. Alors, vas-y, noie-toi, sois nul à l’école, comme tu veux, mais ferme ta bouche de merde! », ou cette employée de la crèche de Lavande en Provence qui se croyait en droit de crier à des petits de 1/2 ans : « Mais ils sont cons ces petits. Ils comprennent rien! Tu leur dis de pas prendre le tuyau et ils le font. Mais ils sont cons, c’est pas possible! », je ne suis pas sûre que l’éducation à la française en serait sortie autant grandie.

Mais là n’est pas (vraiment) le sujet.

Comme Choupette vient de fêter ses 10 ans (!!!), j’ai eu envie de raconter L’événement qui a changé ma vie de maman

En tant que parent, j’ai fait un sacré chemin!
Je ne suis vraiment, vraiment pas fière de la mère que j’ai été pour Grandounette quand elle était toute petite. Je reproduisais bien sagement le modèle d’éducation à la française mentionné plus haut qui était le seul modèle que je connaissais : les câlins étaient rares, les remontrances sévères et fréquentes pour la moindre broutille.
Heureusement, je n’étais pas heureuse dans ce rôle ultra-strict, je voulais une autre relation avec ma fille que celle que je reproduisais, alors j’ai réfléchi, muri, changé. Mes amies, en devenant maman à leur tour, m’ont montré une autre voie. J’ai suivi un atelier sur les relations parents-enfants. Et quand Choupette est née, j’étais prête, j’étais une autre mère pour elle, et par conséquent pour Grandounette. 

Mais bien avant, il y a eu le dr Afarian (son vrai nom, pour la toute première fois dans ce blog)!!! 
Un psychologue pour enfants? Non
Un spécialiste de l’éducation? Non plus, encore qu’il a 3 enfants lui-même
Un pédiatre? Même pas !

Non, le dr Afarian était mon gynéco (et aussi le promoteur de notre premier appartement acheté à Mine-en-Provence, mais c’est une autre histoire).
Bébé-Grandounette avait quelques mois, je le voyais pour une visite de contrôle. J’étais en plein baby-blues ;  c’était la canicule (remember summer 2003), je ne pouvais pas sortir Bébé-Grandounette avant 9 heures du soir, il faisait 35 degrés dans l’appartement et 42 dehors ; Bébé-Grandounette ne dormait pas de la journée ; je ne pouvais plus faire mon travail de traductrice sereinement parce que Bébé-Grandounette pleurait sans cesse ; j’étais épuisée ; quand j’appelais LHomme au travail pour pleurer je me faisais envoyer balader au bout de 5 minutes parce qu’il me fallait arrêter de l’importuner quand il était au boulot ; LHomme n’était disponible pour rien alors je me tapais tous les rendez-vous de médecins, y compris les miens, seule avec Bébé-Grandounette qui hurlait dans son maxi-cosy ;  je ne voyais plus personne parce que tous nos copains me semblaient habiter à l’autre bout de la Terre maintenant qu’il fallait me déplacer partout avec un semi-remorque d’affaires ; et pour enfoncer le clou, belle-maman ne cessait de demander de mes nouvelles en mode Lou Ravi « Alors, la jeune maman, heureuse et épanouie? »… sauf que j’étais tout sauf heureuse et épanouie. J’étais perdue et dépressive, j’avais gravement besoin d’aide et de soutien, mais personne ne voulait l’entendre (longtemps après, j’ai vu le film « Un heureux événement » et j’ai pleuré tout du long. Jamais un film n’a à ce point raconté un épisode de MA vie!). 
Donc bref. Quand le dr Afarian m’a demandé comment ça se passait avec mon bébé, je me suis épanchée sur ma difficulté à gérer le quotidien avec un bébé qui ne dormait jamais la journée et réclamait les bras en permanence. Il m’a répondu : « eh bien, prenez-la aux bras, vous n’avez rien de mieux à faire. »
Bien sûr, à l’époque, j’ai compris de travers. J’ai entendu ce que je voulais entendre, `a savoir « vous n’avez rien d’autre à faire » et j’ai pensé à mon ménage, mon travail de traductrice indépendante, les courses, me reposer (accessoirement) et je me suis dit qu’il était fou, que c’était bien un homme, tiens ! et qu’il ne comprenait vraiment rien à ma vie, ce gros abruti.
Il m’a fallu longtemps, plusieurs années en vérité, pour faire mon chemin et donner tout son sens à sa phrase. Mon gros regret sera toujours d’avoir mis si longtemps à faire sens de ses mots si sages qui auraient dû me faire tout changer dans la seconde.
Effectivement, je n’avais rien de MIEUX à faire que câliner mon enfant qui venait de naître, la rassurer et l’aimer très fort. Et même plus : de toute ma vie, je n’aurais JAMAIS rien de MIEUX à faire que d’aimer mes enfants le plus fort possible, les serrer dans mes bras et leur dire que je les aime. Tout le reste est accessoire.

Et pour ne pas l’oublier dans la grande course du quotidien, je pense à Jade, Nathan, Adrien, Antoine, Vincent, Mira, Daniel, Diego ou encore Stephen… Je pense à leurs parents qui n’auront jamais plus la chance de les serrer dans leurs bras et je me dis que la seule façon pour moi de supporter l’idée d’un tel vide est de m’assurer de rater le moins possible d’occasions de dire à mes filles que je les aime et qu’elles sont mes trésors.
Je me rappelle que je ne serai peut-être pas là demain pour dire à mes filles tout le bien que je pense d’elles. Donc je le dis tout de suite, souvent, parce que c’est urgent.

Voilà. Je ne suis guidée par aucun autre modèle, français ou américain, que ce seul précepte.
Merci, dr Afarian, sans le savoir vous avez changé ma vie.

Choupette a eu 10 ans et cela fait 10 ans qu’elle rend ma vie chaque jour un peu plus belle, et que je le lui dis.
Vas-y, tu peux pleurer…

9 septembre, 2017 à 08:47 | Commentaires (1) | Permalien


Lotso et Marijuana

Voici un an que j’ai changé de lieu de travail, et je me rends compte que je ne t’ai jamais raconté Lotso, ma collègue à JustForGirls High, et Marijuana, la chef de département. Et c’est dommage, parce que c’est (presque) rigolo !

Ainsi donc, Lotso détestait Marijuana, qui le lui rendait bien.
Et voilà comment mes problèmes relationnels avec Lotso se sont retrouvés envenimés bien comme il faut par celle qui aurait dû les résoudre, à savoir notre chef. Car quand une malade de l’insécurité qui compense par un despotisme né de son désir infini de contrôle rencontre une excentrique pas très nette qui fait la girouette, il y a malheureusement des dommages collatéraux.

Lotso, pour ne te donner qu’un exemple, elle m’a fait ça :
En octobre, il y a eu la journée portes ouvertes (j’en avais parlé ici). Je te jure qu’à cette époque je n’avais été que gentillesse, compréhension et patience avec elle, malgré déjà ses nombreuses remarques pour le moins malvenues à mon égard. Je précise dès fois que tu te dises qu’elle aurait pu se venger de quelque chose que je lui aurais faite ou dite.
La veille, Marijuana m’avait demandé ce que je comptais apporter. J’avais répondu la vérité crue, à savoir « rien. Pourquoi, faut apporter quelque chose? ». Et Marijuana de me dire que ce serait sympa d’apporter des décorations françaises… Mon cerveau s’était mis en ébullition et j’avais commencé à penser à ce que j’avais chez moi qui pourrait correspondre à cette description. Forcément, j’avais trouvé des tonnes d’idées. Cela dit, connaissant déjà la tendance totalitaire de Lotso, j’avais eu le bon sens de lui demander son avis par email en lui envoyant la liste des objets/livres/déco que je comptais apporter. Lotso travaillait dans cette école depuis 15 ans et c’était ma première journée portes ouvertes. Si elle m’avait dit de ne pas me casser la tête, que les parents voulaient surtout voir les livres et poser des questions sur le voyage en France, je lui aurais fait confiance. Mais non !!! Lotso m’a répondu « ça me semble bien ».
Donc, le dimanche matin, je me suis mise en route en mode « donkey » avec un sac à dos plus gros que moi rempli de la moitié de la maison nouchienne… sauf que quand je suis arrivée dans le gymnase, la table pour le français était couverte des affaires de Lotso, qui avait débarqué aux petites heures du matin et vidé sa salle de classe sur la table pour être bien sûre qu’il n’y ait plus de place pour mes affaires. Il n’y avait pas UN centimètre de libre !
Comme elle n’était pas à son poste quand je suis arrivée, j’ai entrepris de pousser délicatement ses affaires pour insérer les miennes comme je pouvais. Du plus loin qu’elle m’a vue en revenant, elle s’est mise à brailler que je fichais en l’air toute sa présentation et que les parents n’allaient plus voir les choses importantes, et elle m’a fait tout remballer sauf un écriteau (« this one I like. it can stay. »).

Voilà voilà… Lotso dans toute sa splendeur !

Pendant plusieurs mois, j’ai encaissé les petites et grosses vacheries remarques de ce type sans rien dire en pensant sérieusement que le problème venait de moi. En janvier, à mon soulagement, les langues autour de moi ont commencé à se délier : travailler avec Lotso était difficile et bon nombre de personnes dans l’école me plaignait secrètement, sachant que la plupart des profs de français avant moi n’avaient pas tenu plus de 2/3 ans.
J’ai alors eu le tort de commencer à m’épancher, moi aussi, et notamment à Marijuana, qui attendait ce moment avec impatience telle la hyène guettant la caracasse fumante de l’antilope. Jusqu’alors, sachant sans doute que Lotso creuserait sa propre tombe, elle était effectivement restée en retrait. Ce qui est tout à son honneur, il faut lui reconnaître au moins ça.
Par contre, à partir du moment où elle a compris qu’elle avait trouvé en moi une alliée contre Lotso, elle a
 pris à coeur de mettre de l’huile sur le feu.
Pendant plusieurs mois, elle m’a écoutée et encouragée à me plaindre sans pour autant jamais proposer de solution autre que parler avec d’autres victimes de Lotso (en gros, bitcher par derrière) autour d’un café : elle n’a jamais parlé à Lotso, elle n’a jamais imposé que nous discutions pour mettre les choses à plat, elle n’a jamais été voir l’administration pour rapporter mes propos… bref, il me semble qu’elle a omis de remplir sa fonction, qui était de trouver une solution pour que tout le monde puisse travailler ensemble.

Au contraire, avant de partir à la retraite, Marijuana s’est dit qu’il fallait frapper un grand coup et enterrer à jamais la mince chance que Lotso et moi parvenions un jour à communiquer et collaborer.
Voici donc son chef d’oeuvre : le département de langue possédait un disque de stockage commun pour mettre tous les cours. La prof que j’ai remplacée y avait, comme il se doit, sauvegardé tous ses cours. J’aurais donc dû pouvoir y puiser à volonté pour m’aider dans mes préparations… sauf que le dossier Français avait mystérieusement disparu avant mon arrivée.

À chaque réunion du département, soit une fois par mois minimum, Marijuana a fait en sorte de remettre le sujet sur le tapis, à coup de   »c’est quand même étrange que ce dossier ait disparu », « non mais quand même, il n’y a QUE le français qui a disparu. En espagnol, tout est là ! C’est vraiment très bizarre » et autres petites phrases du même type que, dans ma naïveté, je n’ai pas cherché à analyser ni à comprendre. Au fond, je me fichais un peu de ce fichu dossier car je doute que j’en aurais eu l’utilité. Il n’est pas franchement aisé de faire les cours d’un autre prof : on n’a pas le même style, le même rythme, l’envie de parler des mêmes choses… Je ne nie pas que ça aurait pu me rendre service de temps en temps, mais pas au point d’en faire un drame.
Du coup, face à mon manque de réaction, Marijuana a dû passer à la vitesse supérieure. Pour cela, elle a attendu mai, 15 jours avant que je parte avec Lotso en France, alors qu’elle savait pertinemment que ce voyage me pesait au possible vu mes bonnes relations avec Lotso et que j’aurais donné n’importe quoi pour ne pas y aller. 
Un beau jour, elle m’a donc invitée à marcher avec elle dans le quartier, à la pause de midi. Que veux-tu répondre à ta chef qui t’impose te propose d’aller faire un tour pour discuter? À part un « OK » hésitant et lourd de questionnement, je ne vois pas trop. Et c’est là, entre deux bouchées de son sandwich, qu’elle a lâché la bombe : Lotso avait elle-même effacé ce fichu dossier ! Lotso le lui avait même avoué en mars!
 À l’époque, ça faisait plutôt sens, je voyais même pourquoi Lotso aurait agi ainsi : détestant la prof précédante qui lui avait fait des remarques sur son accent américain et ses fautes de français, elle aurait très bien pu effacer le dossier pour s’assurer que je n’aie jamais accès aux cours qu’elle avait créés, et reprendre en main la façon d’enseigner le français dans l’école. Franchement, ça ne paraissait pas hallucinant.
De plus, je ne voyais pas bien l’intérêt qu’aurait eu Marijuana à mentir sur une telle chose.

Si je n’avais pas été aveuglée par un sentiment de haine féroce (Ça dépassait largement les bornes de ce que je pouvais accepter de la part de Lotso !), j’aurais vu tout de suite ce qui clochait dans l’affaire : si le dossier avait été effacé exprès, comment se faisait-il que Marijuana ne soit pas allée voir la direction pour dénoncer ce qui me semble bien être une grave faute professionnelle ? S’il s’agissait d’une erreur, pourquoi m’en parler tout court ? Et pourquoi m’en parler hors de l’école? Sans Lotso présente pour s’expliquer/se défendre/s’excuser? Pourquoi avoir attendu mi-mai? 

Comme nous partions en voyage 10 jours plus tard et que je n’avais pas eu le temps de digérer la nouvelle (associé à quelques faits mineurs comme : on partait le jour de mon anniversaire à 4 heures du matin et Lotso ne me l’a même pas souhaité, c’est même moi qui lui ai offert un café pour l’occasion et qui ai apporté des snacks pour les élèves ; quand je suis arrivée à l’aéroport le groupe était déjà en train d’enregistrer les bagages sans moi malgré nos 3 heures d’avance qui permettaient de m’attendre 10 petites minutes ; Lotso avait imposé qu’on partage une chambre pour limiter le budget et elle avait oublié de mentionner le fait qu’elle ronflait comme un tracteur malgré une pharmacie entière et un écarteur de narines pour essayer de limiter les dégats, etc.), il va sans dire que j’ai chopé Lotso à la première occasion, que je lui ai démonté la tête et arraché les yeux en guise de confrontation !
V’là pour l’ambiance dès les premiers jours d’un looooong voyage de 15 jours ! Marijuana pouvait être fière d’elle-même.

Lotso a nié en bloc. Mais Lotso ment comme elle respire, pour tout et n’importe quoi. Elle fait partie de ces menteurs qui parviennent à se convaincre qu’ils disent la vérité, et donc ne savent même plus qu’ils mentent.
Elle a pleuré toutes les larmes de son corps, ça m’a même presque fait de la peine. Quand je lui ai demandé pourquoi diable Marijuana aurait inventé une telle histoire, elle m’a répondu « parce qu’elle est folle ! » avant de se rétracter avec horreur (quand tu es américaine, tu ne dis pas ce genre de choses !).
C’est malgré tout sur ses mots que j’ai commencé à douter moi aussi de la santé mentale de Marijuana et à réaliser que toute cette histoire sentait gravement mauvais. Ce soir-là, tout m’est apparu sous un jour nouveau (un peu comme dans un Shutter Island/Sixième Sens/Usual Suspects réel !). En repassant le film de mes trop nombreuses entrevues avec Marijuana pendant lesquelles elle n’avait cessé de faire la clim réversible, il m’a semblé assez évident que Lotso touchait du doigt une vérité plus que plausible.

Au final, je ne saurai sans doute jamais la vérité. Je m’en fiche un peu, à vrai dire.
Toujours est-il que le département de français (Lotso et moi) ne s’en est jamais relevé malgré les efforts louables de notre nouvelle chef de département pour régler le problème l’année suivante, que j’ai quitté mon poste avec joie et soulagement, que je ne veux plus jamais avoir à croiser la route de Lotso et encore moins celle de Marijuana.

13 juillet, 2017 à 03:40 | Commentaires (2) | Permalien


I bet my life

Une fois n’est pas coutume, un petit post pendant les vacances.
Pour le récit des aventures de Snif en Islande, il va falloir attendre un peu que toutes les photos soient centralisées et triées… mais ça viendra. Patience, lecteur.

Je voulais par contre écrire sur une chose très personnelle : la relation avec nos parents.
Bien sûr, je ne peux pas prétendre que ce soit la même chose chez tous les expatriés. Je sais juste que c’est comme ça chez moi, famille communicationnellement dysfonctionnelle s’il en est, et chez pas mal de copines aussi.

Quand on s’expatrie, la relation avec les parents change immanquablement. Exprimé pleinement, à demi ou pas du tout, il s’installe un certain ressentiment à double-sens: ils nous en veulent de partir si loin, on leur en veut de nous en vouloir. Après tout, la vie moderne est ainsi faite que les bonnes opportunités ne peuvent pas toujours se présenter au coin de notre rue. On leur en veut aussi de ne pas se réjouir plus pour nous, ou de faire semblant de se réjouir par devant pour mieux se plaindre de la situation par derrière (comme ça, quand on croise leurs copains, les voisins, le reste de la famille, la coiffeuse ou la dame de la boutique de vêtements, on a le droit à « Ah, c’est vous l’ingrate qui avez brisé le coeur de votre pôpa/môman en partant en Californie? »). On leur en veut de nous faire sentir coupables d’être partis alors qu’on est assez grands pour se culpabiliser tous seuls, surtout moi!, merci (Oui, on a pris les nouchettes, seuls petit-enfants des 2 familles et on les a emmenées vivre à 10 000 kilomètres. Non, la décision n’a pas été facile à prendre non plus. En même temps, doit-on, Lhomme et moi, baser toutes nos décisions pour notre famille en fonction des choix de vie de nos frères et soeurs, dont nous ne sommes nullement responsables?)
Bref, il s’installe un mélange à moitié non-dit de ressentiment et de peur (et s’il nous/leur arrive quelque chose si loin de la famille ?) de part et d’autre qui pourrit progressivement un peu plus les relations.

À cela s’ajoute le fait que les visites changent : elles se font, de fait, plus longues et plus envahissantes. Rendre visite à ses enfants/parents implique de s’installer avec armes et bagages pendant un bon moment et d’empiéter sur le quotidien des autres, avec tout ce que ça implique de sentiments négatifs (jugement sur la façon dont les choses sont gérées chez les autres, occasion parfaite de laisser filtrer un peu de ce ressentiment et cette peur dont j’ai parlé plus haut à coup de petites remarques passives agressives bien senties -spécialité des Nouche-).
Bien sûr, on pourrait en parler, crever l’abcès. Ça ne serait pas forcément une partie de plaisir, mais on se sentirait peut-être mieux après. J’aimerais bien dire à mes parents que je les comprends plus qu’ils ne le pensent. J’aimerais bien entendre qu’ils me comprennent plus que je ne le pense. Mais bon, ça ne se fait pas, chez nous, de parler (on verra d’ailleurs si ce petit morceau de déballage intime déclenche une réaction dans la vraie vie).

Du coup, les grandes vacances pour nous sont souvent synonymes de grandes tensions, surtout lorsque tout le monde se retrouve dans un trop petit appartement à la mer ou la montagne, chacun observant/jugeant l’autre à loisir, chacun mal à l’aise dans son rôle de parent/grand-parent, ayant toujours l’impression de mal faire et en faisant donc 10 tonnes trop pour compenser, ce qui exacerbe encore plus les frictions.
C’est triste à dire, mais on rentre souvent en Californie avec un sentiment intense de soulagement et suffisamment d’arguments d’y rester pour au moins quelques mois.
Jusqu’à ce que le manque s’installe, la peur d’être loin, qu’il leur arrive quelque chose, qu’il nous arrive quelque chose, la culpabilité de les avoir privés de voir souvent leurs petites-filles, la culpabilité de priver les filles de grandir près de leurs grands-parents… Alors, on se rappelle qu’on les aime, qu’ils nous manquent. On aimerait le leur dire. C’est sans doute réciproque. Mais ça non plus, chez les Nouche et les Lhomme, ça ne se dit pas de parents à enfants… dès fois qu’on s’y habitue, sans doute. (Je fais d’ailleurs en sorte de casser au moins ce moule-là avec les Nouchettes. Je fais peut-être toutes les autres erreurs possibles et imaginables en tant que mère, mais je dis à mes filles, le plus souvent possible, que je les aime, qu’elles sont belles et que je suis fière d’elles et de ce qu’elles accomplissent.)

Voilà. Tu me diras comment c’est, pour toi, avec tes parents. C’est pareil ou il y a effectivement un facteur « expatriation »? 

Ma vie est souvent rythmée de chansons qui reflètent mes sentiments. 
Jusqu’à il y a peu, je n’avais jamais trouvé de chansons qui parlent de la relation adulte entre parents et enfant. Alors, merci Dan Reynolds pour celle-ci: 
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(Imagine Dragons qui sera d’ ailleurs le premier concert de toute la famille Nouche en octobre. À part que je vais y croiser 98% de mes élèves, si j’en juge par le nombre de loustics qui me disent que c’est leur groupe favori, j’ai hâte de faire cette expérience en famille.)

7 juillet, 2017 à 01:58 | Commentaires (0) | Permalien


40 ans… Pan, dans tes dents !

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2 juin, 2017 à 08:44 | Commentaires (2) | Permalien


Commencement

Eh oui, la fin de l’année s’appelle « commencement ». Logique !

Le (la?) « commencement », c’est la cérémonie de remise des diplômes à la fin des études, et c’est très important. Je suppose qu’initialement, c’était majoritairement pour les universités, voire les lycées, mais maintenant il y en a même une à la fin du collège et du primaire (avec moins de decorum, cela dit).
Cette année, c’était donc ma 3eme remise de diplôme en tant que prof.
Laisse-moi te raconter un peu…

D’abord, mes erreurs de débutante, comme toujours :
- La première année à JustForGirls, comme je n’enseignais pas aux dernières années et que je ne connaissais aucune des filles qui obtenaient leur diplôme cette année-là, j’avais naïvement demandé à ma chef si j’étais obligée d’y aller. Sa réponse a été on ne peut plus limpide (pour une fois) : « ne pas y aller, c’est signer ton arrêt de mort ». OK…
- Toujours la première année, une fois que j’ai compris que je n’y couperais pas, dans un élan d’inconscience de générosité, j’ai failli proposer aux beaux-parents, qui étaient en visite chez nous, s’ils voulaient m’accompagner. En tant qu’ex-profs d’anglais, je me disais qu’ils aimeraient peut-être y assister. Heureusement que je ne me suis pas avancée de la sorte, car les places sont en fait vendues aux familles, avec tarif indexé sur le confort et la visibilité, si bien que les beaux-parents n’auraient même pas pu entrer dans la salle.
- Cette année, fière de mon  expérience à JustForGirls high school, je croyais tout savoir et être prête. Sauf que, forcément, ça ne se passe pas pareil à JustForBoys high school. Ainsi, voici 1 semaine, j’ai découvert que je n’aurais pas dû jeter sans les lire la dizaine d’emails « If you need a gown » reçus en décembre car ils n’étaient pas destinés aux élèves comme je le pensais, mais bien aux profs. Eh oui, le jour de la remise des diplômes, les profs sont en toge à JustForBoys high school.
Généreusement, on m’en a donc prêté une. Basique. Noire. Avant de voir les toges des autres profs, tout allait bien. Mais quand je me suis vue toute seule dans ma toge toute noire, j’ai failli m’asseoir par terre et me mettre à pleurer. Parce qu’en fait, la forme de la toge dépend de ton diplôme (licence, maîtrise, thèse) et chaque prof porte les couleurs de son université. Soit pour moi un rappel cinglant que je suis étrangère : ma maîtrise compte pour une licence ici (donc je suis systématiquement sous-payée), et Nanterre n’a bien évidemment pas de couleurs. Même l’année prochaine, quand j’aurai répondu aux emails pour commander ma propre toge, je serai condamnée à une toge basique et noire, parce que je ne rentre pas dans les cases.
Je sais, on s’en fiche un peu. Mais dès fois, se sentir à ce point pas à sa place, c’est difficile, surtout avec la fatigue de fin d’année.
Heureusement, j’ai des collèguqes en or qui sont venus à la rescousse pour me remonter le moral et me trouver des couleurs d’une université inconnue à porter, histoire de ne pas trop dépareiller.

Allez, assez de mes mésaventures, en avant pour le récit du déroulement des étapes clés de la cérémonie : 
- Défilé des élèves (en toge avec le petit chapeau carré rigolo) qui se placent aux premiers rangs de l’assemblée, par ordre alphabétique afin d’assurer une remise des diplômes rapide et efficace.
- Défilés des profs qui s’asseoient aux places qui leur sont réservées
- Hymne national, chanté avec plus ou moins de bonheur par un élève (c’est qu’il n’est pas évident, l’hymne américain!)
- Discours du principal
- Présentation des élèves qui ont reçu des prix
- Discours du major de la promotion (valedictorian, qu’on l’appelle)
- Remise des diplômes : les élèves sont appelés un par un. Pour que ça ne dure pas 3 heures, point d’amateurisme à la française : la cérémonie est répétée le jour d’avant, les élèves savent quand se lever, où se placer, à quelle vitesse serrer la paluche de la principale, et la lecture des noms se fait à un rythme soutenu pour que les 400 (eh oui!) élèves reçoivent leur diplôme en moins d’une demi-heure.
- Discours du président
- Bénédiction (école catholique oblige)
- Et enfin, le moment que tout le monde attend avec impatience, le lancer de chapeau carré rigolo!
- Les profs fuient, les familles s’attardent un peu pour prendre des photos avant d’aller faire la méga-fête teintée de joie, de fierté et d’un peu de tristesse car Chouchou va quitter le nid et partir à l’université, parfois très loin, l’année prochaine.
Le tout dure 1 heure 30, montre en main, à la seconde prêt.

Concluons sur la différence notable entre une remise des diplômes dans une école pour filles et dans une école pour garçons.
Chez les filles, on note un intéressant rapport taille de la robe/hauteur des talons : plus la robe est microscopique, plus les talons sont vertigineux. Le problème étant qu’elles n’assument ni l’une (une fois la toge enlevée), ni les autres (qui freinent immanquablement le rythme de la remise des diplômes puisqu’il faut attendre que chaque demoiselle se déplace à petits pas peu assurés, que certaines se tordent les chevilles tous les 10 pas et que la malchanceuse du lot s’empêtre dans le tapis et passe 5 longues minutes à se déchausser/rechausser devant toute une assemblée impatiente avant de pouvoir repartir).
Les garçons n’ont pas de problèmes de tenue, mais apparemment il est capital de trouver un truc original à faire pour se faire remarquer dans les 10 secondes de défilé entre l’appel de leur nom et l’arrivée sur le podium, quand tous les yeux sont braqués sur eux. 10 petites secondes de rien du tout pour passer à la postérité, pour le pire ou le meilleur.
Il y a ceux pour qui ça marche et qui t’arrrachent un sourire : celui qui vient avec des chaussures à roulettes, le premier qui fait un selfie, celui qui hurle « Mom, I did it, I graduated ». Et il y a ceux pour qui ça marche moins bien, et qui regretteront sans doute : le malchanceux qui glisse et tombe, le trentième qui fait un selfie, les 25 qui dabent, les 18 qui s’essaient à des marches rigolotes (n’est pas John Cleese qui veut).
Parfois, la simplicité a du bon.

Je ne sais pas si on se dit toujours ça au bout de la 30eme remise des diplômes, mais je trouve ça émouvant et toujours aussi fascinant à observer.
Mais surtout, ça veut dire que l’année scolaire est TERMINÉE, et c’est bien ça le plus important !

27 mai, 2017 à 17:02 | Commentaires (1) | Permalien


VACANCES !!!!

Rien d’autre à ajouter : ça y est, c’est fini!!!
Plus que la cérémonie de graduation samedi matin (pour laquelle j’ai découvert qu’il me fallait une toge !), et je pourrais oublier le nom de mes élèves, lire des livres, regarder tous les films stockés dans ma playlist depuis un an, mettre les doigts de pied en éventails…

25 mai, 2017 à 13:35 | Commentaires (2) | Permalien


Ma vie, mes tweets 2

Quand tu es super fière de toi parce que tu as pensé à prévenir le maître de Choupette de son absence la semaine prochaine (et que tu t’énerves même un peu intérieurement parce que tu n’as pas de réponse) et que tu réalises que tu lui as envoyé un message entièrement vide (sans titre, sans contenu, sans rien!), c’est le signe très net qu’il te faut des vacances, non?

12 mai, 2017 à 19:14 | Commentaires (1) | Permalien


Ma vie, mes tweets

Quand tu pars au boulot trop tôt le matin et que tu tapes « Go Home » sur ton GPS, c’est le signe très net qu’il te faut des vacances. Non?

10 mai, 2017 à 18:27 | Commentaires (0) | Permalien


Et soudain, la lumière…

Lecteur, je suis à ce stade de l’année où j’en ai marre de créér des cours. Il faut que tu comprennes que je crée des cours non stop depuis 7 ans : pour ma première année de prof d’anglais débutante en lycée, pour ma première année de prof d’anglais débutante en collège de ZEP, pour mon nouveau niveau en collège l’année suivante, pour mes remplacements en français arrivée ici, pour mon premier poste de prof de français à mi-temps, pour ma deuxième année en tant que moisissure derrière le frigo (voir Dilbert) prof de français à mi-temps puisqu’on avait changé de manuel et que tout ce que j’avais créé l’année d’avant a fini à la poubelle, et cette année pour mon premier plein temps.
Bref, j’en ai ras le bol de créér des cours.
Je te l’annonce tout net, l’année prochaine, je ne fais RIEN !!! Je reprends les mêmes cours, mots pour mots, je fais les mêmes blagues aux mêmes endroits. Si je suis de bonne humeur je daignerai peut-être changer un ou deux trucs pour les débutants vu comme mes cours étaient pourris et qu’ils n’ont rien compris de l’année, mais ce n’est même pas sûr ;-) .

Mais bref. Voici qu’arrive (enfin!) à grands pas la fin de l’annéescolaire californienne et mon poil dans la main me démange.
Alors, au lieu de créér de nouvelles leçons complètes pour les derniers jours, je bouche les trous : un film par-ci, un goûter par-là, une présentation orale faite par les élèves, une session de révisions pour les examens finaux… Tout ce qui se prépare en 5 minutes et comble une heure de cours en faisant sembler de bosser.
Donc, pour mes français 3 que j’aime d’amour et que ça fait mal à mon petit coeur que seulement 8 d’entre eux vont continuer l’année prochaine, je me suis dit qu’il fallait célébrer la fin de leurs années d’apprentissage du français.
Et que je pourrais les faire « travailler » sur Place des Grands Hommes, de Patriiiiiiiiick : ils ont vu Le Prénom en début d’année et ont adoré, et ça me donnera l’occasion de leur faire inventer leur futur dans 10 ans.
Et voilà-t-y pas que je découvre que je n’avais jamais compris les paroles de cette chanson. Trop intellectuelle pour moi, sans doute.
Plus exactement, je n’avais jamais compris cette histoire de « pomme ». Tu sais, « même jour, même heure, même pomme ». Mon interprétation foireuse, c’était que, quand ils étaient étudiants, ils mangeaient des pommes sur les escaliers de la place et que ce serait leur moyen de se reconnaître, un truc du genre.
J’ai honte, mais il m’a donc fallu 20 ans pour comprendre une chanson de Patrick Bruel !
Car   »pommes » est au pluriel : « mêmes pommes » = mêmes visages.
Purée, j’ai honte ! 

4 mai, 2017 à 15:25 | Commentaires (1) | Permalien


A voté…

Finalement, on nous a simplifié la vie et on a pu aller voter samedi dans une école française à Palo Alto, et non à San Francisco comme je le craignais, sans même faire la queue pendant des heures.
On a même eu, étrangement, les résultats de notre bureau de vote le samedi soir.
Donc, l’occasion d’avoir confirmation que les français de l’étranger votent majoritairement à droite : Emmanuel Macron était laaaargement en tête (plus de 500 votes sur 850 votants environ), mais Fillon était second (220 votes à peu près).
Très loin derrière, Mélenchon (40 votes), Hammon (30 votes) et Le Pen (28 votes) se partagaient les miettes.

De cette journée, pourtant, il reste un petit sentiment de nausée, en regardant les scores de Marine Le Pen à Lavande-en-Provence (et un peu partout en France, d’ailleurs).
Franchement, français de France, si tu veux un président isolationniste avec des idées réacs, on te prête le « nôtre ». 4 ans, c’est beaucoup trop pour un seul pays, si grand soit-il, on peut partager un peu. Ce n’est pas la peine d’en élire une rien qu’à toi pour 5 ans.

Finissons par le petit moment de fraicheur familial du 22 avril.
Choupette, en mode écolo : Aujourd’hui, c’est Earth Day !
L’Homme, en mode réaliste : Oui, et pour fêter ça, on vient de faire 100 kilomètres en voiture pour 5 minutes au bureau de vote!

23 avril, 2017 à 18:56 | Commentaires (5) | Permalien


Reading or driving…

Non, lecteur, je te rassure, je ne lis pas pour de vrai derrière mon volant.
Mais, puisque je passe plein de temps dans ma voiture, il faut bien que je me divertisse.
Et les routes américaines ont ceci de formidables qu’elles offrent plein de possibilité de lecture sur les voitures elles-mêmes.

Il y a d’abord les « bumper stickers », autocollants que certaines personnes collent en quantité sur leur pare-choc et qui te permettent d’en apprendre un peu plus sur le/la propriétaire de la voiture : ses opinions politiques (Hillary for president, Obamination, Irish people with O’Bama, Feel the Bern…), les endroits touristiques où il/elle est allé(e), sa famille, ses combats personnels (Meat is murder, Keep Surf-City weird, Brown is the new green -pour la sécheresse qui doit quand même aller mieux cette année vu toute l’eau qui est tombée du ciel sur ma route la Californie du Nord depuis décembre-), ses préférences animales (Wag more, bark less), ses amis ou membres de sa famille décédés (Never forget/Always remember John Doe), ou encore les résultats scolaires de ses enfants (Proud parent of an Honnor Student at Whatever School).

Si ta curiosité n’est pas suffisamment assouvie, tu peux alors entreprendre de lire le porte-plaque d’immatriculation.
Certains égoïstes n’en ont pas et te privent donc de lecture.
Une majorité des voitures qui possèdent un porte-plaque n’ont pas d’humour ont tout simplement un porte-plaque publicitaire du garage où ils ont acheté leur voiture (c’est le cas de la famille Nouche, qui fait ainsi la pub pour Pacific JapaneseCars depuis 5 ans sur les routes californiennes).
Mais certaines personnes achètent des porte-plaque personnalisés, ce qui permet de poursuivre ton enquête de profilage. 
Généralement, tu apprends dans quelle université/collège/école le conducteur a fait ses études car la plupart des porte-plaque en font la promotion : Standford Alumni, Juggling and Performing Art College Alumni…
Et parfois, il se glisse sur les porte-plaque un petit message personnel : I’d rather be hiking, This truck just used all the gas your Prius saved…

Enfin, tu peux t’amuser à un petit jeu rigolo avec les plaques d’immatriculation.
La première étape consiste à trouver de quel état vient la voiture devant toi et à jalouser sa jolie plaque car les plaques californiennes sont moches.
La deuxième étape, pour booster tes neurones, consiste à essayer de comprendre les plaques personnalisées (et continuer à en apprendre plus sur la personne qui conduit la voiture).
Ici, tu peux avoir ta plaque personnelle, contenant 7 lettres ou symboles, du moment que ce n’est pas jugé insultant. 
Pour que leur immatriculation tienne en 7 lettres, les américains font donc preuve d’imagination, souvent en enlevant certaines lettres. Du coup, tu peux passer une petite partie de ton trajet à comprendre les jeux de mots et à deviner la personnalité de la personne qui a fait immatriculer sa voiture  XXCLNT (crâneur de 17 ans. Première voiture. En rira quand il aura 35 ans), EBNFLOW (surfeur), WYRUSH (prof de yoga), SCMNTNS (randonneur), LMN TRT (rigolo, mais si sa prochaine voiture n’est pas jaune?), ILV2EAT (moi aussi, moi aussi !!!), DICKNS (prof de lettres)…

Bref, on ne s’ennuie pas tant que ça sur les routes américaines.

14 avril, 2017 à 10:44 | Commentaires (0) | Permalien


Don Quichotte

Ou comment se battre contre des moulins…

Voilà l’histoire.
Nous sommes arrivés voici 5 ans. Choupette était en Kindergarten et a dû commencer à apprendre à lire dans une langue qu’elle ne maîtrisait pas du tout.
On se disait que ce serait plus dur pour Grandounette, et en fait ça a été plus compliqué pour Choupette, à tous les niveaux (social, scolaire…).

Depuis, Choupette est à la traîne. La situation s’arrange toujours en fin d’année, ce qui nous laisse espérer qu’elle a grandi et comprend mieux ce qui se passe en classe… et puis le début de l’année suivante arrive et c’est de nouveau l’angoisse. Choupette stagne en queue de peloton et on s’inquiète de toutes ces choses qu’elle devrait maîtriser et qui sont loin d’être acquises.

Alors, l’année dernière, j’ai commencé à demander à la maîtresse si on ne devrait pas la faire tester pour des difficultés d’apprentissage. Elle m’a dit non. J’ai écouté sagement.
Mais Choupette est en CM1 désormais, l’écart se creuse et les apprentissages se font plus sérieux.
Alors, cette année, j’ai redemandé. Et cette fois, Mr C m’a dit de lancer la procédure.

Et voilà comment nous sommes désormais Don Quichotte et Sancho Panza, à lutter contre des moulins à vent pour tenter d’aider notre fille.

D’abord, on a écrit à l’école, car ce genre de tests passe par eux.
On a rencontré tout le comité en charge des élèves en difficulté, et on nous a expliqué pourquoi Choupette ne pouvait pas bénéficier de tests. Vois-tu, lecteur, Choupette n’a pas 2 ans de retard sur les apprentissages. Donc, pour que ton enfant soit testé et aidé, il faut qu’il ait déjà coulé corps et bien et qu’il n’y ait plus d’espoirs.
Mais pour Choupette, il n’y a pas lieu de s’inquiéter car ses tests standardisés officiels qui mesurent en long large et travers les performances des élèves à des fins statistiques prouvent bien qu’elle est presque au niveau de fin de CE2 (mi-CM1) et qu’elle fait des progrès. Par la même occasion, on nous a expliqué également, dans un élan contradictoire de toute beauté, que ces tests, sur lesquels sont pourtant basés les décisions, sont à prendre avec des pincettes : la preuve, la maîtresse de l’année dernière a fait refaire le test de maths à Choupette 3 fois pour obtenir un résultat potable. Voilà qui est rassurant !
Bien sûr, comme toujours, le nerf de la guerre, c’est l’argent : ces tests de détection des difficultés d’apprentissage coûtent chers et si un diagnostic est établi, il incombe à l’école de prendre en charge l’enfant en lui offrant une aide spécialisée, alors tout est bon pour écoeurer les parents et les dissuader de poursuivre la procédure.
Si cela ne suffisait pas, Mr Frizzy, le principal, y est allé de son petit discours nauséabond sur l’effet négatif qu’un étiquetage « special education » pourrait avoir sur Choupette alors qu’elle finira certainement par apprendre à compenser.
Donc, pour Choupette, l’école a la solution parfaite : la coller devant un ordinateur pour faire un programme de remédiation en maths et en lecture, à raison de 2 séances d’une demi-heure par jour pris sur le temps de cours. Je sais bien qu’on cherche à aider ma fille, mais je reste sceptique. 
La réunion s’est terminée sur un refus de l’école à faire tester Choupette, la promesse d’une nouvelle réunion en mars et de quelques tests supplémentaires en lecture.

En février, nous avons vu notre nouvelle pédiatre (nouvelle assurance, nouveau réseau, nouveaux médecins) qui n’était guère surprise par la réaction de l’école et nous a conseillé d’insister, nous faisant même une lettre de soutien.

Dans la foulée, j’ai recontacté Mr Frizzy pour savoir où en étaient les tests et la réunion promis par lui-même en janvier.
Pour résumer sa réponse en peu de mots : rien de plus n’a été fait et l’école ne fera plus de diagnostics pour cette année. De toute façon, les derniers tests tout pourris standardisés en date prouvent bien que Choupette progresse, alors pourquoi s’inquiéter.

Nous sommes désormais obligés d’attendre l’année prochaine sans grand espoir que la situation ne bouge parce que Choupette n’est effectivement pas à ce point en difficulté. Mais avec un peu d’aide, elle aurait peut-être les résultats qu’elle mérite. Et avec une explication médicale de ses difficultés, elle pourrait peut-être s’enlever de la tête qu’elle est bête :-( . Mais pour ça, il faudra sans doute attendre qu’elle ait sombré en classe. Super! 

16 mars, 2017 à 09:57 | Commentaires (2) | Permalien


Français, chaque vote compte…

… mais ceux des français qui vivent à l’étranger, pas tant que ça en fait.

Voilà comment le gouvernement français facilite la vie des expats : 
- Le vote par Internet a été annulé en raison des risques trop élevés de cyberattaques. Jusqu’à présent, ça se passait bien, mais il faut croire qu’en 2017 ça n’est plus possible.
- L’annonce que le vote par Internet ne sera finalement pas possible t’arrive le 3 mars.
- Les inscriptions pour le vote par correspondance sont fermées depuis le 1er mars. Il paraitrait qu’ils travaillent sur une extension, mais pour l’instant rien d’officiel. Tu l’as donc dans le baba.
- De toute façon, le vote par correspondance n’est possible que pour les législatives, pas pour les présidentielles. 
- Sinon, tu peux venir voter en personne dans ton bureau de vote, feignasse que tu es… c’est à dire le consulat de France de San Francisco pour la Californie du Nord, l’Alaska, Hawaii, l’Idaho, le Montana, le Nord Nevada, l’Oregon, l’Utah, l’état de Washington et le Wyoming. 
- Ou tu peux bien sûr venir t’inscrire en personne pour voter par procuration, feignasse que tu es… au consulat de France de San Francisco pour la Californie du Nord, l’Alaska, Hawaii, l’Idaho, le Montana, le Nord Nevada, l’Oregon, l’Utah, l’état de Washington et le Wyoming. 

3 heures de route aller-retour avec 2 enfants à trimballer pour aller voter, à 2 semaines d’intervalle. La France se passera donc de mon vote.
Bonne chance avec Marine, compatriote.
Je décline toute responsabilité dans ce résultat tragique. 

8 mars, 2017 à 10:04 | Commentaires (0) | Permalien


Dans les embouteillages

Ainsi donc, je « commute » 5 jours par semaine.
27 miles. Ça devrait me prendre 45 minutes.
Mais: 

- Devoir partir chaque jour 2 heures plus tôt pour être sûre d’être à l’heure au boulot -> Check
- Arriver quand même en retard au boulot malgré mes 2 heures d’avance -> Check
- Mettre moins de temps à faire demi-tour et ajouter 15 miles à mon trajet par une petite route de montagne paumée dans les redwoods que de rester sur la route et attendre de pouvoir passer après un accrochage -> Check
- Mettre 5 heures pour faire 10 miles, renoncer et faire demi-tour pour aller dormir à l’hôtel à cause d’un glissement de terrain qui a bloqué les 2 voies de l’AE17 -> Check
- Mettre 6 heures à rentrer chez moi à cause de la police qui cherche un braqueur de banque et a besoin pour cela de bloquer l’AE17 dans les 2 sens pendant 12 heures -> Check

À part une catastrophe naturelle qui détruirait complètement l’AE17 et me bloquerait à l’école pendant des semaines, j’ai du mal à voir ce qui pourrait arriver de pire, désormais. Je crois qu’en 6 petits mois, j’ai tout vu sur cette route de l’enfer!

27 janvier, 2017 à 09:00 | Commentaires (3) | Permalien


There will be snow…

Salut lecteur,

Tout d’abord, bonne année 2017 à toi, tes amis et ta famille.

Je te raconte : 5 ans de soleil californien, c’est un peu beaucoup.
La famille Nouche a donc eu l’idée lumineuse d’aller se geler à la montagne pour le jour de l’an. Je peux te dire que le contrat a été plus que rempli parce qu’on a bien pris la neige dans la face, 3 jours durant !
Il a même tellement neigé qu’on a gagné une journée supplémentaire à la montagne vu que notre vol a été annulé (ainsi que les 3 jours précédant notre retour, et les 2 jours depuis notre retour. En gros, on a eu chaud, on a bien failli être coincés, coincés++ là-bas).

Mais bon, la question météorologique n’est pas la plus importante. Il faut bien reconnaître que, du coup, on a skié une super neige. 
Notre Grand Organisateur familial, l’Homme, avait donc porté son dévolu sur Lacs Mammouth, dans le parc de Yosemite. Et ce fut un bon choix car la station est splendide : nichée à 2300 mètres d’altitude (c’est haut!), la station est très vaste (cela dit, c’est une opinion personnelle parce que les américains la trouvent petite) mais bien dissimulée dans les arbres.

Alors, ça donne quoi de skier aux US?
Voilà quelques différences :
- C’est spécifique aux Lacs Mammouth, bien sûr, mais tu skies sur un volcan actif. Le minuscule aéroport est situé dans la caldéra d’un énorme volcan qui est entré en éruption pour la dernière fois voici 200 ans. 
Il y a donc des sources chaudes un peu partout, et des failles qui crachent du CO2 qui tue les arbres (et potentiellement les gens si tu restais trop longtemps dans ces endroits-là).
- Je crois que cela fait longtemps que je n’ai pas mentionné les prix légèrement plus élevés qu’en France pour à peu près tout : 150 dollars pour un forfait d’une journée (et les américains ne voient pas trop l’intérêt des tarifs dégressifs), 50 dollars par jour pour louer des skis et des chaussures… Forcément, du coup, quand tu as payé ton forfait, tu vas skier, même s’il fait moins 20, un vent à décorner les boeufs et que toute la neige du ciel te tombe dessus.
- Il n’y a pas de pistes rouges : il y a du vert, du vert/noir, du bleu, du bleu/noir, du noir et du double-noir.
- Il n’y a pas de panneaux sur le bord de la piste pour t’indiquer que tu es sur une double-noire quand tu pensais avoir pris la piste bleue. Les pistes sont annoncées par des panneaux indicateurs en haut des pistes… et après, c’est un peu plus flou, dans la mesure où les pistes se croisent et qu’il n’est pas forcément simple de lire le nom et la couleur de la piste vers laquelle tu te diriges quand tu skies en pleine tempête de neige.
- Le plus étonnant, pour moi: il n’y a pas de garde-fou sur les vieux télésièges. Du coup, les américains n’ont pas l’habitude de baisser le garde-fou quand il y en a un. Quand le vent se lève, il devient assez difficile de ne pas se sentir bien peu de chose assis « dans le vide » à 15 mètres du sol.

En tout cas, ça faisait du bien de passer quelques jours à la montagne.
Je termine par te donner l’occasion de te cultiver avec un peu de vocabulaire que j’ignorais moi-même il y a encore 5 jours.
Un télésiège : a chairlift
Un téléski : a platter lift
Un télécabine : a gondola
le ski de fond : cross-country skiing
une piste : a trail
un forfait : a ski pass
Damer une piste : to groom a trail

Enfin, quand les enfants apprennent à skier, on leur dit de faire la « pizza » pour freiner et les « French fries » pour accélérer. Eh oui, c’est l’Amérique !

 

8 janvier, 2017 à 18:59 | Commentaires (3) | Permalien


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